Glaucome ou "glauque-homme" ?

Publié le par Marie-Christine ADAM

"L'œil" Niki de Saint Phalle
"L'œil" Niki de Saint Phalle

J'ai failli dire oui. J'ai failli baisser les bras face au spécialiste de la vue qui lui "sait". Mais moi aussi, désormais, j'en connais un bout de mon histoire. Alors, pourquoi accepter aujourd'hui une atteinte à l'intégrité de mon corps, au moment où mon livre paraît. Moment heureux. Me faudrait-il vérifier l'adage maternel "s'il arrive quelque chose d'heureux, il faudra toujours le payer d'une manière ou d'une autre"...

Pourquoi accepter de faire des "trous" dans mes globes oculaires ? Certes, quelques trous ce n'est pas la mer (ou la mère) à boire mais c'est en-corps trop. Retour de bâton ou punition pour ce que je n'aurais pas du dire ou écrire ? Le glaucome dont je souffre depuis une dizaine d'années a réduit mon champ visuel périphérique. La tension oculaire (ou l' "attention !") est trop élevée. Trop de vigilance ? Il s'agirait donc de faire baisser la pression en permettant au liquide intra-oculaire de circuler plus facilement en faisant de petits orifices.

Moi qui, depuis quelques années, entend dans cette "affection" les mots glauque et homme. Moi qui ai connu les troubles sur le corps, les symptômes, les traces laissées par les mots et les "choses". Je pense qu'il y a quelque chose à entendre, là, dans l'atteinte qui me touche. Alors pourquoi faudrait-il une nouvelle intrusion, être à nouveau transpercée ou "trans-père-sait" ?

Mais tous les hommes ne sont pas glauques. Certains sont même bienveillants. Alors, j'ai dit non à mon ophtalmo et oui à ce en quoi je crois. Je peux demander un deuxième avis. Je peux aussi demander à bénéficier à nouveau d'un traitement sans béta-bloquant, à l'origine d'effets secondaires importants. Mais surtout, je veux me donner du temps. Faire le pari que ce qui a certainement constitué pour moi un symptôme va se stabiliser. Il ne s'agit pas d'arrêter tout traitement bien sûr mais de l'adapter avec des molécules moins risquées et de refuser un traitement qui agresse mon corps. Avoir confiance en l'avenir et aux effets de la psychanalyse sur la durée. Et on verra bien !!!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article