Quand la psychanalyse donne de la voix

Publié le par Marie-Christine ADAM

Quelques minutes d'attente. La traversée d'un couloir. Une poignée de main souriante. La porte se referme. Nous voilà tous les deux. La pièce est contenante, l'espace limité, le lieu paisible.

Je suis venue pour dire, pour le dire, le livrer, me livrer. Peut-être même me dé-livrer. Surtout, ne pas se laisser envahir par le silence. Me rassembler avant de me jeter à l'eau, dans le vide, avec mes mots.

Lui, je ne le vois pas, il est derrière. Entre nous, un mélange d'inconscience, de peur et de désir. La tension est palpable, l'attention également. Le corps est tendu. Ça tourne.

La langue fourche, faudrait-il là-encore ne pas dire ? Je ba-fouille, encore et en corps. Aurais-je trop far-fouillé ? Certains mots se confondent. "Dans mon cas" devient "dans mon corps". Inconscient quand tu nous tiens...

Voilà, c'est déjà fini. Quinze minutes, c'est long et c'est court. Un sourire complice me reconduit. Il n'y aura pas de deuxième tirade. Une seule prise, d'un trait, un trait unique. Pas de brouillon pour la parole, pas de corrector pour effacer l'ouï. Ce qui est dit est dit. C'est entendu !

C'était au cœur de l'été. Ce jour-là, je ne parlais pas à mon psy mais à une caméra. Un homme était derrière. On aurait pu s'y méprendre.

Ecrire, me donner à lire et maintenant me donner à voir et à entendre. Etre lue, vue et entendue, bien curieux mélange. La caméra mais surtout "l'objet regard", ça me dit quelque chose... Attendons le premier week-end de novembre à Paris.

De la voix du silence à donner de la voix et mes mots ne sont plus ceux des autres. Ma voix est désormais ma propre voix et non plus voix parentale, sorte de voie parentérale.

Une nouvelle voix, lorsque la psychanalyse a ouvert la voie.

Ci-dessous, un lien pour visualiser la vidéo de présentation de mon livre.

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