Entre psy-cause et taire-happy...

Publié le par Marie-Christine ADAM

     Certains me disent "il faut que tu fasses de la pub pour ton livre". Un an après sa parution, là n'est toujours pas le plus important mais j'entends. J'entends aussi les relances de mon éditeur pour qui diffusion, promotion et séances de dédicace riment avec pourcentage des ventes. Comment expliquer, à celui qui a misé sur vous, que l'essentiel est avant tout de l'avoir écrit et qu'il soit publié...

     Alors, en attendant de devenir une pro de la promo, ce qui est peu probable mais pas impossible... j'ai choisi d'en extraire quelques passages. Histoire, peut-être, de vous donner envie de le lire. Commencer un 15 août a rendu évident le choix du premier extrait.

Chapitre premier : Naître mais ne pas être

     "Plus bavards, mes parents le sont sur ma conception, un quinze août, jour de Marie, j'en tire la moitié de mon prénom. Par mon père, je suis surnommée "Marie su(r)' le bord" tant il était persuadé que, du fait des conditions de l'acte, à peine introduite, ma mère ne pouvait être enceinte. Il complète habituellement son propos du commentaire "la mauvaise graine ça s'accroche". Cinquante ans plus tard, je m'accroche encore et je tente de me persuader que je ne suis pas si mauvaise que cela.

     Marie, prénom ô combien religieux, mais il n'était pas question d'en rester là. Le voilà suivi, comme ils disent, par le féminin du Christ, Christine. Un pack religieux version femina. Je porte donc un prénom composé ou devrais-dire décomposé car, dans mon enfance et jusqu'au collège, personne ne prononce ni n'écrit mon prénom en entier. A la maison, pour les amis, à l'école, je suis Christine, un point c'est tout. Mes bulletins de notes jusqu'au CM2 en témoignent. Avec l'entrée au collège et les fiches à compléter pour se présenter, je me réapproprie ce Marie qui semble les déranger. Je ne sais pour quelle raison. Souvenir du jour de ma conception ? Désaccord parental ? Anagramme du verbe aimer ? Ma mère trouve que mon prénom est trop long, trop prétentieux, comme trop bien pour moi...

     Pourtant, depuis ma naissance, je dors avec la Vierge marie juste au-dessus de ma tête. Dans un cadre, l'Immaculée Conception regarde Christine crucifiée et brûlée vive sur une roue en bois. Malgré ce qu'il représente, j'aime ce tableau en imitation vitrail aux couleurs "chaudes". Probablement parce que j'y retrouve, au moins là, les deux parties de mon identité. L'an passé, cette représentation m'a subitement dérangée. Comment Marie pouvait-elle regarder Christine brûler ? Pas très religieux tout ça. Une partie de moi-même pourrait-elle, aujourd'hui, regarder l'autre mourir à petit feu ?"

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812

 

 

 

 

 

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