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L'échappée belle

Publié le par Marie-Christine ADAM

D'un bord à l'autre, chapitre III

A trente-cinq ans, j'ai compris depuis longtemps ce qu'il ne faut pas faire à un enfant et ce que je ne ferai pas, ce dont il a besoin et que je n'ai pas reçu. Ce ne sera pas "mon" enfant, il ne m'appartiendra pas. Ce sera un sujet à part entière, séparé de moi, avec sa liberté de penser, d'aimer, de jouer, de créer. Je souhaite avant tout lui permettre de se sentir en sécurité et qu'il puisse être lui même.Je veux l'aider à se construire, à développer ses capacités en l'accompagnant par une présence rassurante, en respectant son identité, sans jamais l'envahir... Je ne suis pas inquiète mais je sais que ce sera plus difficile si c'est une fille et je n'ai pas du tout envie de jouer à la poupée. Il faut donc que ce soit un garçon et je le pressens depuis le début de ma grossesse. A quatre mois, l'échographie le confirme. Voilà de quoi vivre ma grossesse sans trop d'appréhension...

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812

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Vers une certaine résilience

Publié le par Marie-Christine ADAM

D'un bord à l'autre, chapitre II 

Enfant, adolescente puis jeune adulte, je les ai rencontrées. Certaines de courts moments, d'autres un peu plus longtemps. Elles n'ont pas partagé ma vie, elles l'ont juste traversée, le temps de me délivrer comme un message auquel j'ai cru. Quelques mots, quelques phrases, des temps d'échanges avec des personnes qui m'acceptent comme je suis, qui m'aident à croire en mes capacités et qui me donnent un peu plus l'envie de vivre, de connaître de nouvelles choses.

Chacune de ces personnes, rencontrées entre huit et dix-neuf ans, ont colmaté des brèches. Elles m'ont permis de ne pas sombrer, de me maintenir à flot avec des paroles pleines et vraies, de sentir que j'existais et que j'avais un peu de valeur. Je pense que j'ai su m'appuyer sur leur bienveillance, sur ce qu'elles étaient, prélever un peu de chacune pour me projeter un peu plus dans l'avenir et ainsi poursuivre, de l'une à l'autre, mon petit bonhomme de chemin.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812

 

 

 

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Entre psy-cause et taire-happy...

Publié le par Marie-Christine ADAM

     Certains me disent "il faut que tu fasses de la pub pour ton livre". Un an après sa parution, là n'est toujours pas le plus important mais j'entends. J'entends aussi les relances de mon éditeur pour qui diffusion, promotion et séances de dédicace riment avec pourcentage des ventes. Comment expliquer, à celui qui a misé sur vous, que l'essentiel est avant tout de l'avoir écrit et qu'il soit publié...

     Alors, en attendant de devenir une pro de la promo, ce qui est peu probable mais pas impossible... j'ai choisi d'en extraire quelques passages. Histoire, peut-être, de vous donner envie de le lire. Commencer un 15 août a rendu évident le choix du premier extrait.

Chapitre premier : Naître mais ne pas être

     "Plus bavards, mes parents le sont sur ma conception, un quinze août, jour de Marie, j'en tire la moitié de mon prénom. Par mon père, je suis surnommée "Marie su(r)' le bord" tant il était persuadé que, du fait des conditions de l'acte, à peine introduite, ma mère ne pouvait être enceinte. Il complète habituellement son propos du commentaire "la mauvaise graine ça s'accroche". Cinquante ans plus tard, je m'accroche encore et je tente de me persuader que je ne suis pas si mauvaise que cela.

     Marie, prénom ô combien religieux, mais il n'était pas question d'en rester là. Le voilà suivi, comme ils disent, par le féminin du Christ, Christine. Un pack religieux version femina. Je porte donc un prénom composé ou devrais-dire décomposé car, dans mon enfance et jusqu'au collège, personne ne prononce ni n'écrit mon prénom en entier. A la maison, pour les amis, à l'école, je suis Christine, un point c'est tout. Mes bulletins de notes jusqu'au CM2 en témoignent. Avec l'entrée au collège et les fiches à compléter pour se présenter, je me réapproprie ce Marie qui semble les déranger. Je ne sais pour quelle raison. Souvenir du jour de ma conception ? Désaccord parental ? Anagramme du verbe aimer ? Ma mère trouve que mon prénom est trop long, trop prétentieux, comme trop bien pour moi...

     Pourtant, depuis ma naissance, je dors avec la Vierge marie juste au-dessus de ma tête. Dans un cadre, l'Immaculée Conception regarde Christine crucifiée et brûlée vive sur une roue en bois. Malgré ce qu'il représente, j'aime ce tableau en imitation vitrail aux couleurs "chaudes". Probablement parce que j'y retrouve, au moins là, les deux parties de mon identité. L'an passé, cette représentation m'a subitement dérangée. Comment Marie pouvait-elle regarder Christine brûler ? Pas très religieux tout ça. Une partie de moi-même pourrait-elle, aujourd'hui, regarder l'autre mourir à petit feu ?"

 

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Entre psy-cause et taire-happy...

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Et pour temps...

Publié le par Marie-Christine ADAM

     Je ne l'ai pas choisi pour ça. Probablement que si je l'avais su, je n'aurais pas franchi le pas ni celui de sa porte. Et pourtant... 

     Autre temps, autre lieu : "Tu vas passer un sale quart d'heure" disait ma mère à l'enfant terrorisée que j'étais et qui mettait bien moins longtemps à se mettre aux abris. "Elle a son quart d'heure" disait ma grand-mère. Quart d'heure de rébellion, de résistance face à la folie maternelle et au débordement paternel. Et me voilà, cinquante ans plus tard, confrontée à ce même laps de temps. Drôle de clin d'œil, curieux hasard...

     Certains coupent les cheveux en quatre. Lui c'est le temps qu'il coupe en quatre ou plus précisément l'heure. Telle la pendule à coucou de mon enfance, il donne le rythme. La moitié de la moitié, un quatre sous la barre du un, des minutes qui vont par quinze. Et nous y voilà, un quart d'heure de séance. Un quart d'heure montre en main ou plutôt à portée de vue. Pas de temps à perdre. Pas de place pour le quart d'heure de politesse. Mieux vaut être prête à l'heure car lui n'a rien du lapin d'Alice.

     Pour l'analysante que j'étais encore il y a peu et qui commençait ses séances par un quart d'heure de silence, ce nouveau défi est de taille. Encore aux ordres maternels des "tu ne vas pas commencer" ou "je ne veux pas t'entendre", l'urgence est là. L'association est libre mais pas le temps. Il faut laisser du temps au temps disent certains. Lui, c'est le temps qu'il nous laisse, le même pour tous, à égalité. C'est comme aller à l'essentiel. Sa manière de prendre l'inconscient de court.

     Le cadre d'une analyse, c'est aussi cela, l'utilisation du temps. C'est cela, oui, un quart d'heure. Difficile de faire plus court même si d'aucuns s'y emploient. D'ailleurs, court, il est tombé dedans quand il était petit... et rien à voir avec sa taille. Passé le doute du "Et si je ne valais que ça, un quart d'heure de son écoute", j'ai composé avec ce laps de temps qui m'est imparti. Plutôt bien que mal d'ailleurs, voire très bien. Allant même jusqu'à le trouver long, parfois (là j'exagère un peu, quoi queue...).

     Déjà trois ans que je navigue au quart et que la petite musique de l'inconscient garde ce tempo pour jouer sa partition et elle ne s'en prive pas... y compris en dehors des séances. Car la psychanalyse c'est aussi bien d'autres quarts d'heure. Le quart d'heure d'avant, tentative d'ébauche de la séance, rarement ressemblante ; celui d'après où les mots prononcés résonnent autrement ; le quart d'heure du petit matin ou de la nuit, celui du rêve ; des quarts d'heure qui débouchent sur d'autres quarts d'heure avec ce qui revient dans les moments du quotidien. Des quarts de tour en arrière qui éclairent la route, parfois après l'avoir obscurcie, et vous accompagnent jusqu'à la séance suivante.

     Certains transforment la minute en euros ou y vont de leur commentaire sur la méthode "expéditive". Libre à eux. A cela, je préfère ma formule "Tout ça en un quart d'heure !".

     J'aurais pu le préférer de volupté, de célébrité ou américain mais ce quart d'heure là me sied bien et j'aime aujourd'hui profiter de ce temps, au rythme de l'arc-en-ciel, entre pluie et soleil.

Et pour temps...

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