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Entre psy-cause et taire-happy...

Publié le par Marie-Christine ADAM

     Certains me disent "il faut que tu fasses de la pub pour ton livre". Un an après sa parution, là n'est toujours pas le plus important mais j'entends. J'entends aussi les relances de mon éditeur pour qui diffusion, promotion et séances de dédicace riment avec pourcentage des ventes. Comment expliquer, à celui qui a misé sur vous, que l'essentiel est avant tout de l'avoir écrit et qu'il soit publié...

     Alors, en attendant de devenir une pro de la promo, ce qui est peu probable mais pas impossible... j'ai choisi d'en extraire quelques passages. Histoire, peut-être, de vous donner envie de le lire. Commencer un 15 août a rendu évident le choix du premier extrait.

Chapitre premier : Naître mais ne pas être

     "Plus bavards, mes parents le sont sur ma conception, un quinze août, jour de Marie, j'en tire la moitié de mon prénom. Par mon père, je suis surnommée "Marie su(r)' le bord" tant il était persuadé que, du fait des conditions de l'acte, à peine introduite, ma mère ne pouvait être enceinte. Il complète habituellement son propos du commentaire "la mauvaise graine ça s'accroche". Cinquante ans plus tard, je m'accroche encore et je tente de me persuader que je ne suis pas si mauvaise que cela.

     Marie, prénom ô combien religieux, mais il n'était pas question d'en rester là. Le voilà suivi, comme ils disent, par le féminin du Christ, Christine. Un pack religieux version femina. Je porte donc un prénom composé ou devrais-dire décomposé car, dans mon enfance et jusqu'au collège, personne ne prononce ni n'écrit mon prénom en entier. A la maison, pour les amis, à l'école, je suis Christine, un point c'est tout. Mes bulletins de notes jusqu'au CM2 en témoignent. Avec l'entrée au collège et les fiches à compléter pour se présenter, je me réapproprie ce Marie qui semble les déranger. Je ne sais pour quelle raison. Souvenir du jour de ma conception ? Désaccord parental ? Anagramme du verbe aimer ? Ma mère trouve que mon prénom est trop long, trop prétentieux, comme trop bien pour moi...

     Pourtant, depuis ma naissance, je dors avec la Vierge marie juste au-dessus de ma tête. Dans un cadre, l'Immaculée Conception regarde Christine crucifiée et brûlée vive sur une roue en bois. Malgré ce qu'il représente, j'aime ce tableau en imitation vitrail aux couleurs "chaudes". Probablement parce que j'y retrouve, au moins là, les deux parties de mon identité. L'an passé, cette représentation m'a subitement dérangée. Comment Marie pouvait-elle regarder Christine brûler ? Pas très religieux tout ça. Une partie de moi-même pourrait-elle, aujourd'hui, regarder l'autre mourir à petit feu ?"

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812

 

 

 

 

 

Entre psy-cause et taire-happy...

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Et pour temps...

Publié le par Marie-Christine ADAM

     Je ne l'ai pas choisi pour ça. Probablement que si je l'avais su, je n'aurais pas franchi le pas ni celui de sa porte. Et pourtant... 

     Autre temps, autre lieu : "Tu vas passer un sale quart d'heure" disait ma mère à l'enfant terrorisée que j'étais et qui mettait bien moins longtemps à se mettre aux abris. "Elle a son quart d'heure" disait ma grand-mère. Quart d'heure de rébellion, de résistance face à la folie maternelle et au débordement paternel. Et me voilà, cinquante ans plus tard, confrontée à ce même laps de temps. Drôle de clin d'œil, curieux hasard...

     Certains coupent les cheveux en quatre. Lui c'est le temps qu'il coupe en quatre ou plus précisément l'heure. Telle la pendule à coucou de mon enfance, il donne le rythme. La moitié de la moitié, un quatre sous la barre du un, des minutes qui vont par quinze. Et nous y voilà, un quart d'heure de séance. Un quart d'heure montre en main ou plutôt à portée de vue. Pas de temps à perdre. Pas de place pour le quart d'heure de politesse. Mieux vaut être prête à l'heure car lui n'a rien du lapin d'Alice.

     Pour l'analysante que j'étais encore il y a peu et qui commençait ses séances par un quart d'heure de silence, ce nouveau défi est de taille. Encore aux ordres maternels des "tu ne vas pas commencer" ou "je ne veux pas t'entendre", l'urgence est là. L'association est libre mais pas le temps. Il faut laisser du temps au temps disent certains. Lui, c'est le temps qu'il nous laisse, le même pour tous, à égalité. C'est comme aller à l'essentiel. Sa manière de prendre l'inconscient de court.

     Le cadre d'une analyse, c'est aussi cela, l'utilisation du temps. C'est cela, oui, un quart d'heure. Difficile de faire plus court même si d'aucuns s'y emploient. D'ailleurs, court, il est tombé dedans quand il était petit... et rien à voir avec sa taille. Passé le doute du "Et si je ne valais que ça, un quart d'heure de son écoute", j'ai composé avec ce laps de temps qui m'est imparti. Plutôt bien que mal d'ailleurs, voire très bien. Allant même jusqu'à le trouver long, parfois (là j'exagère un peu, quoi queue...).

     Déjà trois ans que je navigue au quart et que la petite musique de l'inconscient garde ce tempo pour jouer sa partition et elle ne s'en prive pas... y compris en dehors des séances. Car la psychanalyse c'est aussi bien d'autres quarts d'heure. Le quart d'heure d'avant, tentative d'ébauche de la séance, rarement ressemblante ; celui d'après où les mots prononcés résonnent autrement ; le quart d'heure du petit matin ou de la nuit, celui du rêve ; des quarts d'heure qui débouchent sur d'autres quarts d'heure avec ce qui revient dans les moments du quotidien. Des quarts de tour en arrière qui éclairent la route, parfois après l'avoir obscurcie, et vous accompagnent jusqu'à la séance suivante.

     Certains transforment la minute en euros ou y vont de leur commentaire sur la méthode "expéditive". Libre à eux. A cela, je préfère ma formule "Tout ça en un quart d'heure !".

     J'aurais pu le préférer de volupté, de célébrité ou américain mais ce quart d'heure là me sied bien et j'aime aujourd'hui profiter de ce temps, au rythme de l'arc-en-ciel, entre pluie et soleil.

Et pour temps...

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Des femmes et des dates qui comptent...

Publié le par Marie-Christine ADAM

Streetart Paris Tweet Harry Cow @MisterFound

C'était aussi un 30 juin qu'au "panthéon" des femmes de mon adolescence s'est éteinte la première de celles qui ont marqué et orienté ma vie de femme, résiliente et libre. 

Extrait de mon livre "D'un bord à l'autre" : "Je grandis avec le Mouvement de Libération de la Femme et j'ai bien du mal à comprendre qu'il faille lutter pour ce qui me semble aller de soi, l'égalité homme femme, le droit de disposer librement de son corps, de choisir ou non de devenir mère, de travailler. Mes images féminines sont Simone Veil, Anne Sinclair, Annie Girardot, Romy Schneider ou Dalida. Côté hommes ? Aucune référence, aucun idéal"...

Il me faudra longtemps pour en saisir le sens.

Article à lire sur ce blog http://www.marie-christine-adam.com/2016/06/ils-l-ont-lu.html

C'était encore un 30 juin et c'était... la dernière séance. Trois ans déjà.
Extrait du chapitre X  "On peut se séparer sans mourir""Elle se retire du "jeu" mais j'ai bien entendu qu'elle exercera jusqu'au 30 juin. C'est un lundi, pas un jour de séance. J'ai compris aussi qu'il pourrait y avoir un rendez-vous ce jour-là. Alors je demande. Son crayon hésite entre le début d'après-midi et la fin de journée. Je serai donc sa dernière patiente. L'idée d'être allée jusqu'au bout avec elle me plaît bien. J'ai en tête le Finistère, pas comme la fin de la terre mais dans le sens où, dans une poignée de minutes, elle aura "fini de se taire"... à moins que ce soit moi. Mais, ça, je ne le sais pas encore...
"C'était", c'est le dernier mot de notre rencontre. Un mot sur lequel je bute, qu'elle reprend et qui devient le sien ou plutôt le nôtre. Un imparfait qui signifie déjà un temps passé. C'est ce même mot qui prendra tout son sens, un mois plus tard, dans un colloque de psychanalyse auquel j'assiste. "Là où c'était, je dois advenir". Voilà qui traduit bien mon parcours et ouvre sur l'avenir.

 

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Avec ou sans commentaire ?

Publié le par Marie-Christine ADAM

Avec ou sans commentaire ?

     Comment taire ou comment dire ? Comment dire ces commentaires ? Plus facile à taire qu’à dire. Contre toute attente, les retours positifs sur mon livre ont réveillé des commentaires du passé, « oubliés », purge, saleté, engeance, vermine ou saloperie. Des mots qui vous font sentir mauvaise, où le simple fait d’exister rime avec déchet.

     Drôle de mélange, comme si ces mots qui m'étaient destinés dans l'enfance refaisaient surface, un par un, de semaine en sem’haine, de mois en moi, pour annuler la portée positive de ceux d’aujourd’hui. Bien évidemment, « ça » me rappelle quelque chose, à nouveau le positif qui attire le négatif, la prophétie maternelle. A moins que ce ne soit le retour de bâton.

     Et bien non ! Il n'en sera rien, ce temps est désormais révolu. Les 500 premiers « J’aime », sur la page Facebook consacrée à mon livre, m’ont donné l’idée de publier les commentaires, entendus ou lus à son propos, sans risque vital, sans risquer l’anathème. Sans prétention, juste pour la satisfaction de les avoir reçus et de les partager.

     Aucun propos négatif parmi eux ? Ne les aurais-je pas entendus ? Non, côté oreilles, cela va plutôt bien et je reste tout ouïe ! Disons que, pour l’instant, les critiques négatives n’ont pas pris le temps de s’exprimer.

     Alors, simplement merci pour ces commentaires qui me vont droit au cœur.

  • Un livre fort et courageux.
  • Lu d’un trait. Une fois commencé, difficile de s’en détacher.
  • Une traversée vécue de l’intérieur. Interpellant, vibrant, aidant.
  • Je n’avais pas imaginé qu’il puisse en être ainsi d’une dépression. La description des maux du corps est saisissante. Je verrai désormais les personnes qui en sont touchées autrement.
  • Courage, énergie,… respect pour le parcours !
  • Nul ne guérit de son enfance, je crois que vous y êtes parvenue.
  • La solitude d’un enfant dans le carcan familial, un écrit comme on en trouve peu.
  • On sent dans votre témoignage tout le respect que vous portez à autrui.
  • A lire ! Et à relire dans les moments de doute. Foncièrement positif.
  • De la détresse de l’enfance à détresser les fils de votre histoire, on peut dire que vous en avez fait le tour.
  • Excellent témoignage qui retrace bien et avec des mots simples ce qu’est une analyse.
  • Vous témoignez de la psychanalyse d’une telle façon que vous montrez au combien elle a toute sa place, aujourd’hui encore, dans le soin.
  • Ne pas céder sur son désir, beau programme !
  • Que voilà une passe singulière.
  • Félicitations et meilleurs vœux dans vos projets...

    Marie-Christine ADAM "D'un bord à l'autre" chez L'Harmattan 

   http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812 

    

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Désir de lire ? Laissez-vous emporter "D'un bord à l'autre"... jusqu'à un singulier désir

Publié le par Marie-Christine ADAM

Trouver mes mots sous la plume du Rédacteur en Chef du Bulletin d’Information des Psychiatres Privés et de la revue Psychiatries, a déjà quelque chose d’improbable. Y lire son commentaire est tout aussi étonnant...

Un grand merci à lui pour cette note de lecture.

BIPP N° 71 - Rubrique Désir de livres - Novembre 2016
Désir de lire ? Laissez-vous emporter  "D'un bord à l'autre"... jusqu'à un singulier désir

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Dis papa........

Publié le par Marie-Christine ADAM

A chacun sa petite musique de fond... La mienne a un bon demi-siècle. Je l'avais totalement oubliée. Elle a refait surface de façon impromptue entre le Père Noël et Dieu le Père, entre Nativité et crémation, disparition et retrouvailles côté paternel. Drôle de rendez-vous avec l'enfance après plusieurs décennies, petite touche de réminiscence. Tout d'abord quelques mots et un petit air : Dis papa, connais-tu... la la la... lalala, lalala, lalala...

Un détour par le Web pour m'aider à retrouver la suite et je reconnais la pochette du 45 tours qui tournait sur notre platine. Un peu dérangeant l'image de cette petite fille à laquelle mes parents me comparaient par la ressemblance et par l'âge. Etrange confrontation à une image du passé qui, à elle seule, suffit à faire revenir la quasi-totalité des paroles.

A distance et à la lecture de mon histoire, le trouble est là, profond, dans les mots de cette petite fille qui questionne son père : "Dis papa connais-tu le Bon Dieu ? réponds-moi, réponds-moi, dis papa" ;  "Dis papa, connais-tu l'Saint-Esprit ? réponds-moi, réponds-moi, dis papa". Le Bon Dieu, celui-là même que ma mère me promettait de rejoindre, avec elle, quand elle m'aurait "endormie". Le Saint-Esprit dont l'opération aurait fait de moi cette "Marie su'l bord" comme si l'acte à l'origine de ma naissance n'avait jamais existé.

Pourtant, dans le tumulte familial et le mys-taire ambiant, je chantais et nous chantions. Des textes et des mélodies qui autorisaient les mots, ceux des autres qui me parlaient et me touchaient. Entre ce qui fut moments de cohésion et moments d'effraction, moments d'unité et moments d'éclatement, j'ai envie de penser que cette chanson m'a peut-être permis d'exprimer, avec les mots d'une autre petite fille, l'angoisse liées aux menaces maternelles. Une sorte de baume pour adoucir les blessures déjà présentes.

Sauf que le trouble est toujours là, tenace, et c'est à mon père qu'il me mène. Tout aussi dérangeant. Un père auquel la petite fille s'adresse. Le mien aurait voulu entrer dans les ordres, L'ordre et le désordre, le bien et le mal. Ce qui se fait et ne se fait pas. Le Bon Dieu, celui qui voit tout et qui punit... L'interdit, la transgression, le péché, la punition... Et l'interdit de dire, sous peine d'être punie ? De quoi compliquer l'après-coup de la parution de mon livre, encore et en corps.

Les deux mois qui se sont écoulés avant que je publie ces lignes témoignent du "dérangement" occasionné par ce retour du passé. Mais qu'il est bon parfois d'être dé-rangé(e), cela permet aussi d'avancer... Voilà, cette petite musique est venue du tréfonds. Autorisée à percer, elle s'est fait entendre, s'est installée... Elle aurait pu me freiner voire m'empêcher de jouer ma partition si je ne savais aujourd'hui entendre et reconnaître ce qui vient de l'enfance. Etre à l'écoute de ce qui se présente, autant pour moi que pour l'autre, un bon moyen de composer avec l'enfance, à tout âge car le temps ne fait rien à l'affaire. Ainsi se termine la chanson, "c'est la vie !". Alors pour ceux qui me lisent, pour les autres et pour moi, que la vie continue, tout simplement.

Et profitons-en !

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De l'objet regard à la mort comme point de suspension...

Publié le par Marie-Christine ADAM

Déjà un mois que la fête de la psychanalyse, comme l’a nommée Laurent Dupont, a eu lieu, bel et bien lieu, et j'ai pris part à la fête. Tout un week-end sur « l’objet regard » éclairé et animé par différents regards. Psychanalytique, bien sûr, mais aussi scientifique, cinématographique, créatif, poétique,…

Pour moi, ces 46e journées de l’Ecole de la Cause Freudienne avaient bien commencé, sur un quai du métro parisien. Un petit quelque chose en plus côté regard. Regard croisé, trop vite décroisé. Regard particulier sur un objet particulier, mon livre « D’un bord à l’autre ». Un de ces regards qui font qu’aujourd’hui ça me regarde d’un peu plus près.

Le regard, en tant que tel, est peu présent dans mon livre mais il s’agit bien de cela, deux regards défaillants, singuliers. Un regard maternel absent, préoccupé et des mots qui menacent. Paroles sans regard. Un regard paternel qui déborde, déshabille, mais ne pipe mot, impose le silence. Regard sans parole. Deux regards pipés d’avance par leur enfance. Deux regards qui ne font pas le poids et qui vous laissent sans voix avec la sensation d’un grand vide, de ne pas être vraiment. Recherche longtemps éperdue d’un regard auquel s’accrocher pour se sentir exister dans le regard de l’autre. C’est à cela aussi que me renvoient ces deux journées.

J’ai quitté depuis peu le Palais des Congrès quand un court commentaire d'une "amie" attire mon attention : « Et oui…….. ». Ces deux mots commentent une photo, celle d’une dame âgée et de sa fille. Au-dessous, « Profitez de votre maman tant qu’elle est là ! La vie est courte ! ». Cette image et ce commentaire sybillin, je les ai déjà vus, quelques semaines plus tôt, sans m'y attarder. Mais là, mon regard est comme happé par ces points de suspension. Effet des deux jours consacrés à la psychanalyse ? Ou des points bien plus longs qu’à l’ordinaire ? Davantage de points, davantage de trous……..

En analyse, pratique oblige, je sais qu’il me faut travailler aussi mes points de suspension. Avec un brin d’humour, j’ai choisi les trous… Mes phrases, longtemps en suspension, cette impossibilité à aller jusqu’au bout n'étaient pas si loin et il en avait été de même avec mon corps, lui aussi en suspension, impossible à poser, toujours à rassembler.

Dire sans dire ? Mi-dire ? Que fallait-il voir ou entendre dans cette ponctuation ? J'interroge le web. J’écris ton nom, ton prénom, ta ville qui est aussi la mienne. Toujours aussi efficace Google car la réponse tombe, immédiate, violente, ton avis de décès. Tu es décédée, au printemps dernier…  Tu as été inhumée, sept mois plus tôt, dans l’intimité familiale. Je ne l’ai pas su. Intimité familiale, violence des mots qui excluent. Non-sens du lien « ami » sur Facebook. Aucun message pour me dire ta mort. 

Tu étais ma tante, la sœur de mon père. Vous aviez la même mère, pas le même père. La même mère mais une mère différente, à deux ans d’intervalle. Un regard différent sur ses deux enfants, délaissant totalement le garçon, élevant la fille. Je parle de cette grand-mère particulière dans mon livre et cela aurait pu vous déplaire. Mais il est paru trois mois après ta mort. Cela ne peut donc expliquer ce silence et, de ça, je suis un peu soulagée. 

Alors, serait-ce l’ « absence » que j’ai eue à la mort de mon père qui pourrait m'en donner le sens ? Quand, le combiné téléphonique à la main, sur le point de t’appeler pour te prévenir du décès de ton frère, je me suis ravisée. Qu’étais-je en train de faire, tu étais déjà morte. Ce que tu n’étais pas. Aucune pensée non plus pour tes enfants qui, eux aussi, étaient toujours bien vivants. Vous apprendrez donc son décès par la presse locale. Difficile à expliquer, impossible à rattraper ! Ceci explique peut-être cela. Moi je crois surtout qu'un véritable lien familial n’a jamais pu se créer. Même à l'âge adulte, où j'aurais pu me manifester, quelque chose m'en empêchait. Peur de ne pas être acceptée, de ne pas être à ma place ? Enfant, mon regard avait tenté de s’accrocher aux vôtres, la première fois que je vous ai vues. Je devais avoir huit ans...

D’un regard maternel impossible sur son fils, mon père, d’autres regards ont suivi, tout aussi impossibles. Le regard que je n’ai pas connu de mon père, lui ne l’avait pas connu non plus. Le vide et le laisser tomber maternel a d’abord été le sien avant d’être le mien. S’il m’arrive, encore parfois, d’avoir le regard au bord des larmes, celui que je porte aujourd’hui sur moi s’est modifié, adouci, grâce à la psychanalyse. Il n’est plus le sombre reflet des regards parentaux. Avec la psychanalyse, d’autres regards ont pris le relais, bienveillants, sécurisants, enveloppants, non culpabilisants. Fini les "tu l'as bien mérité", "tu l'as cherché" ou "tu ne l'as pas volé". Il en est simplement ainsi, ce jour-là, j’ai appris ta mort par des points de suspension et c'est cela aussi notre histoire... 

 

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Sans comment-taire...

Publié le par Marie-Christine ADAM

 

 

Dans ces cas-là, je me dis pas la peine d'en rajouter. La peine de chacun est suffisante, les mots superflus, pas de commentaire ! 

Mais comment-taire ?

Ces mots-là me parlent, m'interpellent et me touchent, comme il en est du drame.

Alors, je partage pour la beauté du texte et pour le reste...

 

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Lire "D'un bord à l'autre", un livre libre !

Publié le par Marie-Christine ADAM

Je t'ai écrit, tu es paru et je t'ai déposé dans la rue. Une rue rémoise, rue Libergier. Celle de mes années lycée, ma première rencontre avec la psychanalyse.

Quatre décennies plus tard, je t'ai posé dans ce petit abri de bois, sur le bord d'un muret. Geste symbolique et gratuit, j'aime l'idée de te donner à lire, au hasard d'une rencontre.

Mais tu n'es pas parti seul dans l'aventure, je t'ai accompagné de quelques mots. Des mots qui ne s'adressent pas au futur lecteur mais à toi. Drôle de dédicace... avant un dernier regard, photographique celui-là.  

A toi, désormais, de vivre ta vie de livre, libre comme je le suis aujourd'hui. Vivre libre (autant que possible) mais surtout libre de vivre et d'exister...

et beaucoup plus simplement de lire !

 

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50812

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Coccinelles, demoiselles, bêtes à bon Dieu ...

Publié le par Marie-Christine ADAM

Coccinelles, demoiselles, bêtes à bon Dieu ...

Voilà comment agrémenter la couverture de mon livre...

Et oui, elle ne comporte pas de photo, juste mon identité, un titre et un sous-titre.

Quelle image aurais-je bien pu choisir ? Je l'ai écrit, jusqu'au dernier chapitre, avec le regard de moi enfant en première page. Chaque fois que je me mettais au travail, ce regard me regardait et je le regardais. Nous avons écrit, en quelque sorte, notre histoire ensemble. Mais une fois l'écriture terminée, une page était tournée. Cette image était celle d'un autre temps. Le temps d'avant, sans nostalgie. J'ai bien pensé à quelques photos de ces dernières années, pour les oublier très vite. La seule sera donc ma petite photo de quatrième de couverture, telle que je suis aujourd'hui.  

Coccinelles, demoiselles, bêtes à bon Dieu ...

Aujourd'hui d'ailleurs, sous un ciel radieux, une nuée de coccinelles, différemment parées, est venue survoler mon balcon rémois. Curieuse sensation. Je n'en avais jamais vu autant. Et quelle surprise quand quelques unes ont posé leurs ailes sur mon ouvrage. De là à penser que c'est un signe... Parole maternelle quand tu reviens. Mais cette fois le sens est positif, pas d'insecte de mauvais augure.

Je viens de lire une légende du moyen âge qui fait de la coccinelle un animal-porte bonheur. Elle dit ceci : Un homme accusé de meurtre est condamné à avoir la tête tranchée. Il proteste de son innocence en vain et le bourreau s'apprête à abattre sa hache quant il aperçoit une coccinelle posée sur le cou du condamné. Le bourreau retire gentiment la coccinelle et attrape sa hache pour œuvrer mais la coccinelle est de retour. Le bourreau a beau insister pour la déplacer, la coccinelle revient obstinément se poser sur le cou du condamné. A tel point que le roi voit là le miracle divin et donne sa grâce. Quelques temps plus tard, le véritable meurtrier fut découvert et la légende de la bête à bon Dieu était née.

 

Quand l'une se fait o et l'autre petit a ...

Quand l'une se fait o et l'autre petit a ...

Ainsi, les coccinelles d'aujourd'hui auraient pu m'apporter un brin de bonheur. Elles l'ont fait, grâce à ce petit moment magique, en m'apportant le plaisir simple des choses de la nature qui me ressourcent toujours autant. En rendant ma journée encore plus douce.

Pour l'anecdote... qui n'en est pas une, j'ai quand même le cou bloqué depuis 6 jours... Le déclenchement ? Après un covoiturage avec une religieuse en habits ... Que vient faire Dieu dans l'affaire ? Curieux hasard aussi que cette légende découverte en même temps que je rédige ce petit article et qui parle du cou. De quoi travailler le sujet en laissant la parole à mon corps et à mon inconscient, autant dire à la psychanalyse.

Pour ce soir, il est tard. Petits points noirs, coccinelles au revoir...

Coccinelles, demoiselles, bêtes à bon Dieu ...

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